Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Archives

2017-09-20T09:03:49+02:00

Barbara

Publié par Florine Teyssier

Une actrice va incarner Barbara au cinéma. Elle s'imprègne de sa voix, de ses gestes, de son caractère... La dame en noir grandit progressivement dans l'actrice. Le réalisateur, fasciné par Barbara, devient de plus en plus fasciné par la Barbara interprétée par son actrice.

Barbara

Prix Jean Vigo et Prix de la poésie du cinéma de la section cannoise Un certain regard, et ce n'est qu'un début, on l'espère. Mathieu Amalric, d'habitude fantaisiste et foutraque, semble intimidé par son admiration pour Barbara et dépoussière le traditionnel biopic, en en faisant un film dans le film. Barbara est partout, tout le temps, dans tous les plans, sa présence fantomatique transpire, telle une âme bienveillante. Jeanne Balibar est exceptionnelle, se fondant dans le corps et dans la voix de l'artiste, à tel point que les deux finissent par se confondre. Nombre de fois, l'on se pose la question est-ce Barbara ou est-ce Balibar ? À moins que ce ne soit Balibarbara... Rarement l'alchimie n'aura été aussi forte, aussi parfaite entre une actrice et son personnage. Balibar n'est jamais dans le mimétisme, ni dans la caricature, mais semble plutôt "possédée" par la chanteuse. Sa musique, ses mots, son piano, sa folie, tout est là, tout est dit. La mise en abyme est parfaite, abordant très justement les affres de la création (d'une chanson, d'un film), ainsi que les doutes du réalisateur et sa fascination mêlée pour son actrice, pour Barbara et pour son actrice jouant Barbara. Amalric a réussi son pari, son film en jeux de miroirs est un hommage vibrant et nostalgique à la longue dame brune.

Barbara de Mathieu Amalric
Avec Jeanne Balibar, Mathieu Amalric et Aurore Clément
Note : 4,5/5

Voir les commentaires

2017-09-20T08:19:38+02:00

Mary

Publié par Florine Teyssier

Mary, une fillette espiègle et brillante, est surdouée en mathématiques. Elle vit en compagnie de son oncle Franck qui l'élève depuis la mort de sa mère. Après des premiers pas très remarqués à l'école primaire, la petite voit débarquer sa grand-mère maternelle, jusque-là inconnue. Une bataille judiciaire va alors s'engager pour obtenir la garde de Mary.

Mary

Auréolé du Prix du public au Festival de Deauville, Mary est le parfait feel-good movie. Et même si le scénario est cousu de fil blanc et tire un peu sur la larmichette, la jeune Mckenna Grace est totalement irrésistible et l'accord parfait qu'elle forme avec Chris Evans joue pour beaucoup dans le succès du film. Quittant sa panoplie de Captain America, l'acteur se révèle sensible en restant dans la sobriété. Au-delà de la guerre qui s'instaure entre sa mère et lui pour la garde de Mary, se pose en filigrane une question sur les choix que nous faisons pour l'avenir de nos enfants. La grand-mère veut encourager le talent de la petite, avec des relents d'acte manqué, et si sa démarche est maladroite, elle se sent investie d'une mission, refusant d'étouffer les capacités prodigieuses de Mary. Son oncle, conscient du potentiel de sa nièce, cherche son épanouissement personnel en lui offrant une enfance "normale". Des deux personnages, personne n'a tort, personne n'a raison et la vie nous apprend que tout n'est que question de dosage. Une jolie comédie dramatique sentimentale et humaniste.

Mary de Marc Webb
Avec Mckenna Grace, Chris Evans, Lindsay Duncan
et Octavia Spencer
Note : 3,5/5

Voir les commentaires

2017-09-14T19:41:45+02:00

Mother !

Publié par Florine Teyssier

Un couple vit paisiblement dans une grande demeure. Lui est écrivain en panne d'inspiration. Elle est une jeune femme au foyer parfaite. Leur tranquillité va voler en éclats lors de l'intrusion d'étranges personnages.

Mother !

Mother ! est un objet cinématographique non identifié, qui oscille entre thriller oppressant (de mystérieux inconnus font irruption dans cette maison au milieu de nulle part), drame psychologique (une vision intimiste d'un couple étrange), film d'épouvante (des histoires de maison hantée) et horreur trash (une scène de cannibalisme insoutenable en fin de parcours). Cela fait beaucoup d'informations pour un seul film.

Je sors de la salle complètement dubitative avec le sentiment d'avoir été flouée pendant deux heures par un cinéaste que j'aime tant. Lui qui nous avait livré des petits bijoux comme Pi, Requiem for a dream ou encore Black Swan. Oui l'objet cinématographique est intéressant. Oui Aronofsky est audacieux. Oui son sens du cadre et sa lumière sont merveilleux. Oui il arrive à nous captiver malgré une histoire abracadabrantesque. Malgré mon ennui devant le film, je n'ai néanmoins pas quitté la salle, avec l'espoir fou qu'il allait se reprendre, prendre une bonne direction ou tout du moins comprendre sa démarche. Je suis totalement passée à côté du film, peut-être à tort d'ailleurs. Il restera la présence hypnotisante de Jennifer Lawrence, jeune proie perdue dans ce monde de fous, qui livre une performance tout en retenue pour monter crescendo dans l'affirmation de son personnage.

Mother ! de Darren Aronofsky
Avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle Pfeiffer
et Ed Harris
Note : 2/5

Voir les commentaires

2017-09-10T20:01:18+02:00

Les Proies

Publié par Florine Teyssier

Guerre de Sécession. Dans le Sud, un soldat Yankee blessé est recueilli dans un pensionnat de jeunes filles tenu par Miss Martha. Leur âme charitable prenant le dessus, elles décident de protéger pour un temps cet "ennemi" et de panser ses blessures. Peu à peu, tensions sexuelles et rivalités féminines vont voir le jour.

Les Proies

Un prix de la mise en scène au Festival de Cannes, Sofia Coppola, un casting cinq étoiles... Il est vrai que, d'emblée, on est alléché par la proposition. Si on est bien loin des merveilleux Virgin Suicides et Lost in translation, la cinéaste reste fidèle à sa marque de fabrique : l'adolescence et les premiers émois, une pointe de mystère, une vision éthérée du réel, une lenteur dans le récit et une photo sublime, qui n'est pas sans rappeler celle de Pique-nique à Hanging Rock. La scène d'ouverture dans la forêt est même carrément angoissante. Et pourtant, on a beau aimer Sofia Coppola et son cinéma, Les Proies souffre d'une trop grande lenteur dans sa première partie, dans laquelle on s'ennuie, malgré la beauté des plans. Et puis, en plein milieu, un événement inattendu se produit et le film se transforme, apportant cruauté barbare, effroi et machiavélisme. Ne vous fiez pas aux apparences : ces femmes isolées ne sont peut-être pas aussi fragiles qu'elles ne le laissent transparaître. Les actrices, menées par Nicole Kidman, Kirsten Dunst et Elle Fanning, brillent de mille feux sous l'œil
attentionné de Coppola, alternant tendresse, naïveté, perversité et candeur. Elles éclipsent totalement Colin Farrell (qui n'a probablement jamais été aussi mauvais) et sauvent - de justesse - le film.

Les Proies de Sofia Coppola
Avec Nicole Kidman, Elle Fanning, Kirsten Dunst,
Oona Laurence et Colin Farrell
Note : 3/5

Voir les commentaires

2017-09-08T17:41:22+02:00

Petit paysan

Publié par Florine Teyssier

Pierre, la trentaine, élève des vaches laitières dans la ferme familiale. Sa vie entière s'organise autour de ses vaches, ses parents envahissants et sa sœur vétérinaire. Alors qu'une épidémie de fièvre hémorragique se propage chez les bovins, Pierre découvre que l'une d'entre elles est infectée. Il va tout faire pour protéger son cheptel, à n'importe quel prix.

Petit paysan

Présenté à la Semaine de la critique du dernier Festival de Cannes, Petit paysan est un premier film intelligent et sensible. Hubert Charuel filme la campagne et le monde rural avec beaucoup de bienveillance et de tendresse, qui se mêle parfois à une certaine violence morale et/ou physique. Ce paysan, si "petit" face au reste d'un monde cruel qui fait peu de cas de lui. Que deviendra-t-il si jamais ses vaches venaient à être toutes abattues pour enrayer le virus dévastateur ? Swann Arlaud est épatant dans le rôle du vacher vieux garçon qui devra s'affranchir de sa famille pour pouvoir exister réellement. Il bravera tous les dangers pour sauver ses vaches, allant jusqu'à commettre l'irréparable. À ses côtés, Sara Giraudeau, après sa prestation remarquée dans Le bureau des légendes, prouve une nouvelle fois qu'elle est une jeune actrice en devenir. On retrouve également, toujours avec plaisir, Isabelle Candelier en mère possessive et Bouli Lanners en youtubeur militant. Un petit film empli de grâce et qui nous touche en plein cœur.

Petit paysan d'Hubert Charuel
Avec Swann Arlaud, Sara Giraudeau,
Isabelle Candelier et Bouli Lanners
Note : 3,5/5

Voir les commentaires

2017-09-06T19:54:35+02:00

120 battements par minute

Publié par Florine Teyssier

Début des années 90. Le sida tue déjà depuis une dizaine d'années dans la quasi-indifférence générale. L'association Act-Up Paris multiplie les actions afin de pouvoir faire avancer les choses et débloquer de nouveaux traitements pour les séropositifs. Au sein de cette troupe de militants, Nathan, l'un des rares séronégatifs, rencontre l'intrépide Sean.

120 battements par minute

Robin Campillo, connu entre autres pour sa collaboration avec Laurent Cantet sur L'emploi du temps et Entre les murs, livre un troisième film vivant, vibrant et bouleversant. Ancien militant d'Act Up Paris, il retranscrit avec une précision quasi documentaire les réunions hebdomadaires de l'association et les actions menées pour se faire entendre. Si le film souffre de quelques longueurs dans sa première partie (les scènes de réunions sont parfois répétitives), 120 battements par minute gagne en profondeur au fil du temps en se recentrant sur l'histoire de Sean et Nathan. L'émotion monte crescendo et l'indifférence du gouvernement français face à la maladie et les amalgames autour de celle-ci sont d'une grande cruauté et d'une grande violence. Robin Campillo, en parfait virtuose, insuffle à ses personnages une formidable envie de vivre, tout en évitant savamment les pièges de l'excès de pathos et de mélodrame. Quant aux acteurs, ils sont tout simplement formidables, et tout particulièrement le jeune Nahuel Pérez Biscayart. Une fascinante bouffée d'espoir et de carpe diem, certainement l'un des plus beaux films de cette année, Grand Prix du dernier Festival de Cannes.

120 battements par minute de Robin Campillo
Avec Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinnartz et Adèle Haenel
Note : 4,5/5

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog